jeudi 25 mai 2017

[Avis] Birthdays, The Beginning (PS4)

Les gode games c'est sympa! Quand j'étais gosse, je passais des heures à cliquer partout dans Populous, sans trop comprendre où ça menait ni ce que ça faisait, mais je trouvais rigolo de cliquer pour élever une montagne ou creuser le sol, et voir ensuite de petits bonhommes construire tout seuls des maisons de pailles et évoluer vers la construction des chateaux forts (tout en mettant gaiement des coups d'épée sur la tronche du voisin bien entendu!). Ce concept de "God Game" fut inventé en 1989 par Peter Molyneux. Ce fameux Peter qui est d'ailleurs à l'origine des trois quarts des titres du genre (Black & White, Dungeon Keeper, Godus...). Dans ses jeux, on agit en tant qu'entité toute puissante capable de manipuler un monde mais sans interagir directement avec les créatures qui y vivent. Yasuhiro Wada (TOYBOX Inc.), game designer ayant officié sur Harvest Moon ou encore No More Heroes, s'est certainement senti inspiré par ce concept. Avec de telles influences, son dernier bébé sentait bon l'originalité et le gameplay addictif. J'ai donc craqué le weekend dernier sur Birthdays The Beginning, et je vous raconte tout !

Au commencement était le cube


Le style en VOXEL permet également de naviguer à la première personne. Pratique pour capturer les créatures!
En voyant les premiers trailers du jeu, j'imaginais un gameplay un peu façon Minecraft. En réalité on est assez loin de ce concept bien que le joueur manipule des cubes. Pour commencer un tutoriel assez long est nécessaire pour bien comprendre comment manier son interface riche en possibilités. On peut donc manipuler le sol (creuser, dé-creuser -créer des collines quoi...) mais aussi et surtout appliquer des gouttes sur certaines cases. Ces gouttes vont créer un fleuve, ou appliquer un effet comme par exemple assécher ou humidifier localement le climat, ou même créer de la vie ! Très proche des hypothèses scientifiques sur l'origine de la vie sur Terre, le gameplay permet donc de revivre de manière ludique les origines de l'évolution en partant d'une soupe biologique (knorr, j'adore). On obtiendra ainsi une première collection d'algues, puis des méduses, après, des coquillages, des poissons, ensuite des amphibiens, et.. et... DES DINOSAURES. Si vous n'avez pas tout compris à mon explication, ça n'est pas grave. Il suffit de garder en tête qu'avec quelques clics pour faire une colline, un océan, et un peu de poudre de perlimpinpin, le joueur va faire naitre dans une jolie nature cubique et luxuriante tout un tas d'espèces de dinosaures hyper mignons. J'ai trouvé l'expérience zen, et très agréable. La UX reste bien foutue malgré des concepts ambitieux. Vous en conviendrez : représenter l'évolution de l'algue au Ptéranodon n'était pas une tâche aisée... Birthdays s'en tire avec brio grâce à un double mode de jeu : en appuyant sur Triangle, on peut switcher du mode micro au mode macro. Le mode micro permet de gérer de très près le cube sur lequel se déroule la vie, et même de se balader dessus pour observer les espèces vivantes à la première personne. Le mode macro, lui, permet de manière dézoomée d'administrer les grandes tendances qui conditionnent l'évolution de la vie sur le monde : température, humidité, et également équilibre entre végétation, règne animal terrestre, et surface océanique.

Du bac à sable, mais pas que!


Le scénario, localisé en français, est raconté sous la forme de séquences façon Visual Novel.
Je sais pas vous, mais moi en général, empiler des cube virtuels, au bout de 10 minutes je lâche l'affaire si je ne suis pas en ligne avec des potes. Sauf que Birthday The Beginning propose un mode campagne joliement scénarisé, et surtout doté de moultes objectifs à atteindre. Ce qui est agréable c'est chaque niveau laisse le joueur libre de continuer, même quand l'objectif est atteint. En général les objectifs demandent de faire apparaitre une certaines espèce sur le cube en créant un environnement propice à son apparition. Chaque niveau validé débloque ensuite l'accès à de nouveaux bonus de manipulation environnementale comme par exemple "réchauffement climatique" pour éteindre les espèces du cube ou "végétation luxuriante" pour créer une oasis au milieu d'un désert. Ces modifications permettent de pousser les évolutions génétiques de la faune et de la flore déjà en place afin de stimuler l'apparition de nouvelles espèces. J'ai trouvé très cool que Birthdays propose de créer plus de 100 espèces, certaines réalistes (ichtyostega, coelocanthe...) et d'autres complètement loufoques comme le monstre du Loch Ness (un trophée est d'ailleurs dédié à cette tâche) ! Le titre encourage clairement à la collectionnite façon Pokémon. Les missions sont au nombre de 4 ce qui assure une durée de vie d'une bonne douzaine d'heures pour boucler la campagne. Alors bien sûr, comme dans tous les jeux de gestion, on se retrouve après à faire un peu toujours les mêmes choses mais ça ne m'a pas empêché de recommencer quelques parties pour voir l'influence de tel ou tel paramètre sur le développement de cette écosystème sauvage. Néanmoins, une fois l'aspect découverte passé, on stagne un peu, en rêvant de pouvoir interagir directement avec ces petites bestioles à la bouille si sympa qui jonchent la planète. Au final, Birthdays est une sorte de simulateur d'aquarium géant qui propose d'équilibrer les constantes environnementales pour favoriser telle ou telle espèce. Il aurait pu être plus, mais non. Ceci dit, proposer une simulation d'évolution du monde sur plusieurs millions d'années, c'est déjà pas mal...

Un ptit cube, un gros cube, c'est l'heure de l'apéricube Birthdays The Beginning !


En résumé


Birthdays, The Beginning, avec son nom aussi original que peu évocateur, est bel et bien un titre qui se démarque de la concurrence. Va-t-il réussir à marquer l'époque PS4 comme Harvest Moon avait pu le faire à l'époque ? C'est encore dur à dire. Propre, bien réalisé, et avec une maniabilité à la manette étonnamment bien foutue, les objectifs sonnent néanmoins un peu creux une fois passée la quinzaine d'heure de jeu. A part ça, la recette fonctionne : le gameplay en marge des jeux du moment saura conquérir les joueurs patients et les passionés d'aquariophilie (voire d'hydroponie). Plus généralement, cet OVNI vidéoludique assumé réussira très certainement à trouver sa place sur les machines des amateurs de jeux de gestion en quête de fraicheur.


Birthdays, The Beggining est :

- une expérience détendante
- agréablement scénarisée
- rempli de dinosaures à collectionner
- trop mignon

on contate qu'il est aussi :

- un jeu basé sur la contemplation
- un peu répétitif une fois la campagne finie


Note finale :


mercredi 3 mai 2017

Hamster corp. dépoussière la neogeo



Fan de boulettes, réjouissez vous ! Le retour en force de l'arcade et du shmup se confirme, avec non pas un mais DEUX titres sortis du placard par la Hamster Corp., une filiale de Toshiba dédiée aux jeux d'arcade (carrément) et à l'origine de la série ACA pour "Arcade Archive". Last Resort est sorti en catimini hier après-midi sur le PlayStation Store français. Pour ceux qui n'auraient pas eu la chance de mettre les mains dessus durant l'âge d'or de l'arcade, il s'agit d'un shmup à défilement horizontal un classique, dur à maitriser, mais aux graphismes impressionants. Enfin, impressionant du point de vue de 1992 bien sur. Le second serait Blazing Star, un autre très bon jeu de tir horizontal, paru sur neogeo, coloré comme on aime. Je dis "serais" car pour l'instant seule la switch a officiellement droit à ce portage arcade (un miracle que le hardware de la switch arrive à supporter autant de sprites à l'écran ans ramer 😎). Néanmoins la rumeur de la sortie sur PS4 est assez solide, et mon petit doigt me dit que l'on en saura peut être plus lors de la mise à jour du PSN du 9 mai 2017...




jeudi 27 avril 2017

[Test] Aaero (PS4)


Que se passe-t-il quand deux programmeurs passionnés par les shmups et les rythm games en ont marre de bosser chez Activision ? Ben ils quittent leur boite, fondent un studio indé et montent leur kickstarter pardi ! C'est avec ce début d'histoire finalement assez banal dans le milieu du jeu vidéo que naquit Aəero, un jeu au nom difficilement écrivable, et qui se transformera donc en Aaero. Le titre est encore tout chaud car il vient tout juste de sortir  du four à pain  sur le PSN, et en tant que méga fan de shmup, de rail shooters, ou de tout ce qui y ressemble, vous vous doutez bien que je n'ai pas su résister à la tentation...

Sa Rez'on d'être


Les boss gigantesques sont l'occasion d'exhiber un feu d'artifice du plus bel effet.

Aaero tente le pari un peu foufou de mélanger jeu musical et rail-shooter. J'avoue que j'étais un peu dubitatif avant de mettre mes mains sur la manettes mais une fois le jeu lancé, je suis resté scotché à la manette pendant plusieurs heures. Car Aaero est fort bien fait : reposant sur une mécanique de jeu très simple, il est plein de petites choses bien pensées ça et là pour rendre pour rendre l'expérience fun et addictive. Mais commençons par la base : c'est quoi le but du jeu ? Dans Aaero, on pilote un avion lancé à pleine vitesse au milieu de tunnels. Avec le stick gauche on contrôle sa direction : il faut d'une part éviter les obstacles pour ne pas se crasher, et d'autre part suivre la ligne lumineuse pour marquer un maximum de points. En fonction de la précision avec laquelle on arrive à suivre cette ligne avec le vaisseau, la musique va être accompagnée de sons de synthés plus ou moins en rythme. Voila pour la partie musicale. A cette mécanique très simple s'ajoute la partie shoot : le stick droit sert à "locker" les cibles, et il faut ensuite déclencher le tir avec la gâchette R2. Dans les faits, c'est un peu comme si vous fonciez avec une golf GTI sous un tunnel, toutes fenêtres ouvertes avec l'auto-radio à fond (et un lance-missile pour tirer sur les feux rouges).


Allez, viens boire l'aaero


Bien que'assez simples les différents décors sont très joliments habillés. 

Et c'est si cool que ça de jouer au tunnel 3D ? Bah oui, parce que les deux créateurs, Dan Horbury et Paul Norris ont de l'expérience, voyez, ça fait quinze ans qu'ils bossaient dans le métier, et un game-design intéressant, ils connaissent! Le level design, bien qu'épuré est varié et de très bon goût. Aaero évoque assez fortement Race The Sun avec lequel il partage des racines communes. Mais contrairement à ce dernier, Aaero offre des niveaux déterministes et des environnements beaucoup plus variés. On voyage ainsi dans des décors évoquant la saga Dune (de Frank Herbert) ou encore des sortes de ruines perdues façon Atlantide... Le tout sur une bonne tracklist de gros son dubstep avec des vocaux planants. D'ailleurs, la sélection musicale est une des grande réussite du jeu : on profite de Aaero comme on profiterait en fait d'un bon disque, tout en regardant des clips psychédéliques à l'écran. Quand à l'intérêt de refaire les niveaux, des pièges, des défis (tuer les boss) et des collectibles sont là pour motiver les joueurs à chasser le high-score (dont l'intérêt est réhaussé par la présence d'un leaderboard en ligne). Ces qualités font de Aaero un jeu parfait pour planer et se reposer la tête entre deux séances de scoring sur un danmaku. A mi-chemin entre un Panzer Dragoon Orta et un Journey, on peut y passer cinq minutes comme cinq heures, on peut y jouer juste pour chiller ou pour se prendre la tête à réaliser des perfect-runs. Mais quoiqu'il arrive, Aaero est là pour libèrer nos neurones, en laissant glisser en rythme l'esprit de celui qui manie le stick.

Conclusion


Alors que le planning vidéoludique de ce printemps est rempli ras la gueule de grosses sorties vidéoludiques (Persona 5, Nier Automata, etc), qu'est ce qui pourrait faire dépenser 10€ à un joueur pour passer du temps sur Aaero ? On pourra lui vanter son esthétique épurée et harmonieuse. Ou encore ses nombreuses influences et inspirations de bon goût : Flower, Journey, Dune...  Enfin sa bande son electro est à la fois bien costaud et très agréable à écouter. Aaero est un défouloir zen tout à fait recommandable : un concept simple, une réalisation élégante, et une rejouabilité importante... Attention toutefois : pour l'apprécier, il faut aimer le dubstep !


Ses qualités :

- un gameplay facile et relaxant
- une bande son de qualité
- une esthétique épurée 

et ses petits défauts :

- une durée de vie un poil trop courte ...
- et des chargements un poil trop longs!

La note finale :

lundi 24 avril 2017

[Test] Kona (PS4)


Saviez-vous que la ville de Paris est à peu de chose près à la même latitude que Montreal ? Si le gulf stream n'amenait pas son courant d'air chaud, nous aurions aussi froid en France que chez nos cousins canadiens. N'étant jamais allé là-bas moi-même, je n'avais en fait aucune fichue idée de ce que cela pouvait bien représenter jusqu'à ce que je découvre Kona, un simulateur de caribou jeu d'aventure développé par Tabernacle Interactive Parabole / Ravenscourt et paru le 22 Mars 2017 sur PlayStation 4.

Bucheron simulator 2017


Après un vin chaud, rien de tel qu'une bonne séance de drift en camion sur les pistes forestières.
Kona propose d'explorer la région du lac Atamipek en incarnant Carl Faubert, un vétéran du Vietnam devenu détective privé. Comme tout un chacun le sait, le Canada, c'est un sacré pays de bûcherons, alors enfilez votre chemise à carreaux, et sautez dans votre pickup! La partie démarre donc par une balade sur un chemin forestier à bord d'une camionette rouge. Le narrateur nous apprend que nous sommes embauché par le notable du coin, le détesté W. Hamilton, propriétaire et exploitant de la mine de cuivre locale. Pendant que la voix-off au délicieux accent québecois nous campe le décor, ce début de l'aventure nous laisse conduire le véhicule jusqu'au domicile de ce monsieur. Petits détails sympas : à bord de la caisse, on peut regarder par les fenêtres en orientant le stick gauche, tourner le volant avec le stick droit, ouvrir la boite à gant, consulter la carte, ou encore manipuler la radio... Toutes ces interactions se passent en vue à la première personne. Kona se présente comme une sorte de doom like en plus évolué : lorsque des objets permettent une interaction, un point blanc s'affiche et invite à cliquer pour utiliser. Simple, efficace, immersif... et compatible avec la VR (la jouabilité sur PlayStation VR est annoncée mais aucune date n'est encore avancée). Pour le reste de la partie technique, c'est vite vu : la 3D n'est pas désagréable à l'oeil, mais ne casse pas trois pattes à un canard (c'est le genre de jeu qui pourrait largement tourner sur une config PC de 2010). Le principal y est : pas de bug de collision, on reconnait bien les divers accessoires de bucheron (barre à mine, hache et motoneige), et surtout la neige est fort réaliste. Entre les flocons, les traces de pas et le crissement de la poudreuse : on s'y croirait. C'est peut être un détail pour vous, mais dans Kona ça veut dire beaucoup ♬. En effet tout tourne autour du froid et de la neige : la survie, la santé mentale du héros, les trajets... Cette pression météorologique omniprésente va peser dans toutes les décisions du joueur...


Au frontières du glacial

Pour ne pas mourir après dix minute de balade, il faudra apprendre à cohabiter avec les loups, véritables prédateurs de la forêt.
Entre deux points de sauvegarde, matérialisés par l'allumage d'un poêle à bois ou d'un feu, le joueur s'affaire avec diverses missions implicites comme par exemple réparer son véhicule ou résoudre des énigmes grâce à un appareil photo permettant d'immortaliser des preuves rassemblées dans un carnet consultable à n'importe quel moment. Avec pas mal de rebondissements, le scénario, quoique classique arrive à captiver rapidement. Il y a ce petit quelque chose de X-Files, entre le "trop naturel" et le surnaturel qui vient discrètement se rajouter à l'intrigue, tel un bruit de fond angoissant, pour détourner notre attention de l'enquête. D'ailleurs, le protagoniste incarné par le joueur n'est ni plus ni moins qu'une sorte de Fox Mulder à l'accent québecois. Solitaire, flegmatique même dans les pires moment, et hésitant entre témérité et sens du devoir : il faudra être rusé et tenace pour espérer percer les secrets de l'histoire de Kona. Il faudra également avoir des nerfs d'aciers, ainsi qu'une bonne couverture en laine (ou une pilosité importante), car malgré les 20.5°C de mon salon, l'immersion exacerbée par le bruit du blizzard en 7.1 dans mon casque aura réussi à me faire lever  du canapé pour aller chercher une couette durant ma dernière partie. Grâce à la voix-off humoristique et parfaitement jouée, le dépaysement est total, et les sessions d'exploration de la forêt enneigée se révèlent à la fois inquiétante et irrésistiblement intriguantes.


Conclusion



Jeu d'aventure immersif, Kona nous fait découvrir la vie d'un village canadien des années 70, en mode "seul face la nature". Survie en solitaire, résolution d'énigme et lutte contre le froid et les loups seront les activités principales de ce titre indépendant. Angoissant, frigorifiant et piquant la curiosité : on oublie difficilement l'expérience de ce jeu d'enquête. Bref, on adore, on adhère : avec Kona, le studio indépendant Ravenscourt signe une très belle release et arrive à donner un certain vent de fraicheur aux jeux d'aventures qui existaient sur PlayStation. Et si vous voulez essayer le jeu sur PC avant de craquer, sachez qu'il est également disponible sur la plateforme Facebook Gameroom .


Les petits plus de Kona :

- Le charisme de sa voix off
- Son ambiance neigeuse inoubliable
 - Idéal si vous voulez faire des économies de clim
- Plus fun que le Cluedo

... et ses petits défauts :

- Des chargements de zones un peu trop fréquents
- Donne envie de mettre le chauffage à donf !

Note finale :

mardi 11 avril 2017

[Avis] PaRappa The rapper Remastered

Les années 90 reviennent avec PaRappa !


Nom d'un sprite, vingt ans, déjà. Il y a vingt ans, le monde découvrait PaRappa The Rapper, le premier jeu de rythme de l'histoire. Ca sortait sur la fameuse PlayStation : la grise, que tout le monde appelait "PSX" à l'époque pour avoir l'air branché dans la cour de récré. Si les courses de stock car et les combats en 3D captaient majoritairement l'attention du public, une modeste création importée du Japon allait discrètement poser les bases d'un genre alors totalement méconnu. Avec ses couleurs flashy, ses héros au look enfantin, et son gameplay archi décalé, PaRappa The Rapper était incompris, au mieux ignoré, au pire méprisé. Sans aucun doute, cette pièce de l'histoire vidéoludique était trop en avance sur son temps. Déjà parce que pour beaucoup de personnes en 1997, appuyer sur des touches en rythme, ça ne constituait pas vraiment un jeu. Et ensuite parce qu'un rendu hyper coloré en 3D à plat (à la Paper Mario), ça ne respectait pas du tout les conventions de l'époque. Il faut dire qu'on sortait d'une ère de domination hégémonique des sprite multicolores imposés par une certaine Super Nintendo. Du coup, les gamers des années 90 rêvaientde  photoréalisme, de textures high-res et de "full motion vidéo" en 6553 couleurs, bref, on était bien loin des concepts de "PaRappa le petit chien apprend le karaté avec un prof à tête d'oignon". Car oui, avertissement pour nos lecteurs qui n'ont jamais joué à cette pépite : le WTF est présent à tous les étages !


♬ Tatata tata tah !


Bien que 100% hiphop, les titres oscillent entre plusieurs style musicaux dont le reggae.

Retour en 2017. Entre Call Of Douze et FIFA 17, les joueurs sont en quêtes d'exotisme. Alors forcément un petit chien avec un bonnet qui chante un rap enfantin et coloré, c'est un concept plutot génial ! Je vous le dit : Parappa pourrait bien être *le* titre fun et bigarré de ce printemps. Mais voilà, ceux qui ont déjà branché leur vieille PlayStation sur un écran moderne Full HD ou 4K  savent : le jeu méritait un lifting. Ca tombe bien car pour fêter ses vingt ans, le Japan STUDIO de Sony nous offre une version toute neuve et toute belle de ce titre culte. Ceux qui connaissent pourront freestyler avec une image parfaite et un son de bonne qualité. Quant aux nouveaux venus ils pourront découvrir tranquillement le titre sans se forcer à supporter un upscale dégueu et un input lag de leur TV qui serait fatal. What, un input lag fatal comme dans les jeu de stomba ? Ben oui parce que ce jeu hyper mignon est probablement le plus dur de sa catégorie. Explications. Comme dans les jeux de rythme modernes, le but est d'appuyer sur la touche adéquate quand un curseur passe au dessus du symbole. Cette règle simplissime est néanmoins à l'origine d'une difficulté ardue car le timing n'est absolument pas tolérant : des fois, on a l'impression d'avoir un groove parfait, et puis la note de fin tombe, c'est le "BAD" signifiant que l'on doit recommencer la chanson pour passer le niveau. Dans le manuel, peu d'explications et un laconique indicateur de score en guise de seule indice de réussite. Incroyable contraste que celui du style de cet univers et de la rigueur exigée pour arriver à passer les 6 niveaux du jeu.

Crack crack crack the egg into the bowl ♬

"YOU GOT TO BELIEVE"



A être intolérant et punitif de la sorte, le jeu aurait pu être un bide. Les critiques faciles diront d'ailleurs que sa difficulté est volontairement piquante pour rallonger artificiellement la durée de vie. Les aficionados - dont je fais partie - arriveront néanmoins à trouver leur plaisir malgré le challenge. Pourquoi ? D'une part parce que les musiques sont absolument géniales. Des paroles à l'instrumentation, le style si bon enfant est unique et très entrainant. Je précise quand même que le rap, c'est pas ma tasse de thé (ne vous attendez donc pas à entendre du Sexion D'Assault ou du Cypress Hill). D'autre part j'adore l'histoire du jeu. PaRappa est une sorte d'incarnation de l'ado gentillet que j'étais. Il vit des aventures simples comme passer son permis de conduire ou aller au toilettes de la station service. Son rêve est de conquérir la jolie fille à tête de fleur dont il est secrètement amoureux. Mais le beau gosse Joe Chin est un rival tout en pectoraux et en frime, et il cherche à lui voler la vedette. Les clips vidéos nous expliqueront en partie comment PaRappa va réussir à séduire sa belle, micro en main, grâce à ses professeurs de rap. Bref, une histoire attachante, un design intemporel et une bande-son au top donnent au jeu son statut culte. Ces qualités donnent aux joueurs de vraies raison pour lui pardonner aussi bien sa difficulté frustrante que le reste de ses imperfections. Comme par exemple le fait que les vidéos du remaster ne sont pas en plein écran, ou que certains comportements ressemblent fortement à des bugs (un retry alors qu'on ne le méritait pas, un plantage après avoir une sauvegarde...).

Conclusion


Dix ans après sa sortie initiale fort discrète, PaRappa revenait en force avec une version PSP. Pour cette nouvelle décennie, le JAPAN Studio nous offre un relift 1080p et 4K bienvenu. Fidèle à l'original, cette version PS4 est encore marquée par une mécanique de jeu difficilement maitrisable et contrastant avec la fraicheur globale du titre. Néanmoins, peu importe ses défauts : quand on en parle à son entourage, ça se termine toujours  "aaaah nan mais tu connais pas Parrappa ? Il faut trop que tu l'essaye, c'est de la balle". Mignon, drôle, mais exigeant et aussi parfois frustrant : PaRappa The Rapper pourra aisément remplacer votre petite amie pendant une bonne douzaine d'heures, le temps d'être vraiment lassé de ses musiques intemporelles... avant d'y revenir quelques mois plus tard !

Les + + +:

- Un concentré de bonne humeur
- Une bande son hip hop indémodable
- Un style graphique inimitable...
- ... et sublimé par la HD / 4K (PS4 Pro)

Les - - -:

- Des vidéos encore fenêtrées ?
- Des timings toujours indomptables

Note finale :


PS :
Comme je suis sympa (et que j'ai fini le jeu hier soir), voici quatre astuces pour passer le niveau 3 si vous perdez la foi dans PaRappa The Rapper. En espérant que cela puisse constituer une aide à ceux qui serraient bloqué avant la fin du jeu en mode "normal" :
- Le jeu va vérifier que vous êtes en rythme non seulement pour la phase d'appui du bouton, mais également pour la phase de relachement. Fiez vous donc à votre oreille car le son s'arrête brutalement si vous levez trop tôt.
- La manette Dualshock 4 dispose de 256 niveaux de sensibilité. Veillez à toujours appuyer à fond, et le plus rapidement possible !
- Dans les options, vous pouvez activer la vibration de la manette ainsi qu'un zoom visuel pour accompagner le moment ou il est recommander d'appuyer
- Jouez avec votre coeur, et pas avec vos yeux. YOU GOT TO BELIEVE!

lundi 3 avril 2017

[Avis] Maldita Castilla Ex (PS4)

Quand on regarde des titres comme Shovel Knight, la compilation Capcom 8bits ou encore Curses ‘n Chaos (offert ce mois d'Avril sur le PlayStation Plus), il est clair que le genre du "faux rétro" ne s'est jamais aussi bien porté qu'aujourd'hui. Et que je te met du style 8bit par ci, et que je te vante mon esprit 16 bits par là. Pour le meilleur comme pour le pire, les studios indés sont massivement inspirés par cette opportunité, ce qui cache soit un amour profond de cette époque incroyable. soit un manque de évident de compétence technique. Enfin, des recettes de plus en plus spécialisées sont explorées. Remake des graphismes en HD, musiques façons chiptune, ajout de filtres pour simuler un écran cathodique... Et puis au milieu de toute ces expérimentations, il y a Locomalito, cet espagnol quarantenaire qui édite ses propres freewares dans son coin.

Fausse vraie arcade



Contrairement à nombre de ses congénères motivés par l'appât du gain, la gloire ou encore le sexe facile avec de jeune femmes de ta région, le brave homme s'est tourné vers le rétro parce qu'il aime l'arcade. En tant que personne méticuleuse, il a commencé son travail par définir sa vision de l'arcade :  finissable en une seule session, une seule difficulté, autorisant le scoring, etc. Cette charte de l'esprit arcade a ensuite donné naissance en 2012 à un fabuleux hommage à Ghouls And Ghost, nommé Maldita Castilla (et distribué gratuitement sous la forme d'un freeware windows). Parce que le plaisir d'un jeu, ce n'est pas seulement être devant l'écran, Locomalito est allé jusqu'à fournir les ressources pour imprimer le DVD-art, la jaquette, ainsi qu'un excellent manuel multi-langues rempli de graphismes. Au final, la démarche reçoit des avis extrêmement positifs de la part des passionnés du monde entier, et certains artisans ont même fabriqué une borne d'arcade dédiée (Locomalito étant allé jusqu'à mettre les side arts à disposition). De fil en aiguille, nous voilà en 2017. Locomalito rencontre Abylight, et un portage PS4 est lancé. Une première version "augmentée" (Cursed Castilla : Maldita Castilla EX) paraît alors en ce début d'année sur le PSN.

C'était mieux avant ?


Happé par la nostalgie, j'ai donc mis la main sur ce fameux titre. Une fois en jeu, on peut dire que l'arcade fait son job. Quatre boutons de commande : déplacer (gauche, droite), sauter, tirer. On avance dans le niveau comme dans n'importe quel jeu de plate-forme, et des gros sprites de monstres nous foncent dessus. Il faut alors éviter les projectiles adverses et envoyer la sauce pour survivre. Maldita Castilla EX reprend les codes des années 80. La recette est certes sans surprise, mais le level-design du jeu arrive bel et bien surprendre. Chaque projectile de chaque mob semble spécifiquement timé pour toucher le joueur là où les déplacement le poussent. Résultat : on en chie, on en bave, on s'arrache les cheveux. La difficulté est ardue, et il faudra s'accrocher pour finir les 8 stages du titre. Maldita Castilla EX est dur, mais pas dur comme Dark Souls qui vous récompense de trophée, d'expérience, ou d'item super puissants chaque fois que vous tuez un petit boss. Non, ici c'est de la vraie difficulté arcade : peu de checkpoints, seulement 3 vies, et quand on rate, on recommence! Voilà la dure loi de la vie, et la seule satisfaction que l'on obtient après avoir trouvé le point faible d'un boss, c'est de pouvoir accéder au niveau suivant. D'ailleurs en parlant de trophées, sachez que sur les 16 trophées (dont un platine 😀) je n'en ai eu... aucun ! Une maniabilité simple comme bonjour, une difficulté le réservant aux hardcore gamers... est-ce que c'était vraiment mieux avant ? Certain aimeront, d'autres moins, c'est certain.
Certains niveaux sont spéciaux. Ici le combat avec ses potes sur une charette. Génial !




Une pixellisation irréprochable


Raconté comme ça on pourrait se dire que le titre a peu de sex-appeal en 2017. Mais si l'on accepte de mourir et de réessayer inlassablement, c'est parce que le titre arrive distiller un certain plaisir de jeu. On pourrait citer par exemple son scénario inspiré de l'histoire médiévale Espagnole, la variété de ses sprites qui comptent environ 50 monstres différents, des niveaux qui se déroulent dans des situations toujours différentes (combat au dos d'une charette, dans une barque, etc...), pleins d'armes à essayer... On sent que l'auteur n'a jamais cédé à la facilité du copier coller lors du level design. Le jeu est carrément pourvu de 4 fins différentes ! Quant à la bande-son, celle-ci est tout aussi exceptionnelle. Réalisée sur un synthétiseur FM par l'excellent Gryzor87, elle colle aussi bien à l'ambiance médiévale qu'à l'ode aux années 80. Enfin la partie technique est bien entendu parfaitement exécutée : ni ralentissement, ni temps de chargement ne se feront sentir, et forcément, plusieurs filtres de rendu seront sélectionnables afin de simuler une image typée tube CRT (vous pouvez donc ranger votre générateur de scanlines).
Les ennemis sont numbreux et variés.




Conclusion


Cursed Castilla : Maldita Castilla EX est un peu comme un très bon whisky : la mise en bouche arrache le palais, mais les vrais connaisseurs savent trouver un arôme exquis et subtil derrière la brutalité du premier contact. Les trentenaires nostalgiques qui dépensaient jadis leurs pièces de dix francs sur Ghost And Goblin seront forcément séduits tant l'hommage aux classiques des 80's est réussi. Les autres gamers dotés des compétences "skill" et "persévérance" pourront également apprécier l'expérience Maldita Castilla EX. Ce qui est sûr, c'est qu'un contenu arcade aussi copieux et d'un tel niveau de qualité, c'est exceptionnellement rare. Qui plus est, encourager son créateur fera  vivre la scène arcade tout en étant bien plus fun qu'un épluchage de ROMs sur MAME. Et la bonne nouvelle du printemps, c'est qu'un second jeu "faux-arcade" et porté également par Abylight devrait sortir ce mois-ci, et il s'agit d'un shmup intitulé Super Hydorah ! Longue vie à l'arcade !


Ca roxxe :

- la démarche d'un créateur passionné
- hyper fidèle à l'esprit arcade des 80's
 - level-design très varié

Chaud et froid :

- une difficulté réservée aux hardcore gamers
- pourquoi pas sur Vita ?

Note finale :