vendredi 6 mars 2015

[Test] La-Mulana EX (Vita)

Prenez un Uncharted. Mettez y la difficulté et la trame exploratoire d'un Dark Souls. Donnez lui l'apparence d'un Castlevania sur Super Nintendo. Secouez très fort et vous obtiendrez La-Mulana. OVNI vidéoludique datant de 2005, développé par un japonais qui souhaitait réaliser un hommage au MSX (un obscur hybride entre ordinateur et console de jeu sorti uniquement sur le territoire japonais dans les années 90), il y avait de grandes chances pour que ce jeu indé reste totalement inconnu des occidentaux. Mais des sorties à succès comme Cave Story ou encore Spelunky ont montré récemment que ce genre de titre avait sa place dans le panorama ludique actuel. Déjà porté et remastérisé l'an dernier sous forme d'un Wiiware, une nouvelle version affublée du suffixe EX (comme Extra) s'invite sur nos PS Vita avec la dernière mise à jour du PSN. Curieux de tenter cette aventure rétro, voici mes impressions sur ce titre véritablement hors du commun.


Indiana Jones Hardcore Edition



Le temple de la déesse des eaux est somptueux.
Le jeu commence dans le petit village près du tombeau de La-Mulana. Une visite chez le vieux sage et on apprend que le temple renfermerait des trésors inestimables et peut-être même le secret de l'humanité. Oui rien que ça. Le petit sprite au style 16bits s'enflamme peut-être un peu, je ne saurais vous dire s'il exagère ou non car je ne suis pas allé jusque là. Et pour cause, le challenge brutal offert par La-Mulana EX se ressent dès les premières minutes de jeu ! Durant cette phase de prise en main, on apprend donc à manier les déplacements de Lemeza Kosugi, sorte d'Indiana Jones à la japonaise, armé de son fouet et de son chapeau. On résout en deux temps trois mouvements la première énigme, qui consiste à trouver l'accès aux tombeau. Et c'est là qu'on commence à en baver sévère lors du parcours des différents tableaux constituant les ruines de La-Mulana. Chacun de ces tableaux comporte un puzzle, des pièges, et des ennemis de nature différente. Le gameplay met un point d'honneur à laisser la part belle au joueur pour explorer les galeries.
A louer : tombeau tout confort, statues état neuf,
nombreuses torches disponibles
On se retrouve donc un peu à poil : aucun indice, pas de carte, et zéro point de sauvegarde. On ne sait absolument pas où aller. Hahaha, ce serait trop facile autrement ! On avance, on meurt. Souvent à cause d'une chute sur des piques, ou d'un piège qui nous dégringole dessus. Des pièges, il y en a un paquet, et c'est hyper cool. Si si je vous jure : entre la statue foudroyante, le totem qui lance des missiles, la mare d'eau toxique, la porte qui bloque le passage ou la trappe qui vous perd au milieu de nulle part... Tous ces tableaux cachent une myriade de mécanismes capables de surprendre le joueur à chaque nouvelle avancée. S'il est bien entendu rageant de perdre 90% de ses précieux points de vie quand on avait bien avancé dans la partie, on sera parfois récompensé d'un trophée en déclenchant tel ou tel piège particulier. C'est également de cette manière que l'on peut changer le mode de difficulté de la partie, le mode hard prenant la forme d'une malédiction. Original et gratifiant.
Lors des premières parties, j'ai bien entendu tenté l'expérience de sauter partout en fonçant dans le tas, comme dans un bon jeu de plateforme à la mario. Le level-design m'a rapidement ramené à la réalité des choses : dans ces ruines, chaque chute ou presque peut se révéler mortelle. Et quand on survit, c'est souvent pour y faire la rencontre d'un énorme monstre capable d'occuper quasiment toute la hauteur d'écran! On revient donc rapidement à un style de jeu plus vigilant, à une exploration prudente, en faisant attention au moindre indice suspect affiché à l'écran.

L'aventurier contre tous guerriers



Certains boss sont vraiment impressionants
On peut dire que le créateur de La-Mulana n'est pas du genre à céder à la facilité. Ca peut être rebutant au premier abord car entre le mode 4:3, les graphismes en 256 couleurs et la difficulté harassante, cela confère au jeu un coté un peu austère. Mais une fois qu'on y a goûté, on découvre un univers riche, un bestiaire fourni, et de nombreux mystères. Les écrans sont truffés de pièges, mais ils offrent un but : récupérer des objets uniques, enfermés dans des coffres spéciaux. La condition sine qua non pour ouvrir ces coffres : résoudre des énigmes. Un peu à la manière d'un Zelda, ces puzzles se résolvent grâce à des leviers et des poids qu'il faut déposer afin d'actionner des interrupteurs. A la différence près que la plupart du temps, on ne sait pas du tout ce qui se passe quand on actionne ces interrupteurs. Pour nous aider à comprendre, des indices sont disséminés un peu partout, la plupart du temps gravés sur des tablettes en pierre qu'il faut lire avec une pression sur la touche triangle. Il m'aura fallu toutefois plusieurs heures de jeu pour comprendre que ces tablettes devaient être scannées au moyen d'un item spécial disponible chez un marchand du village. Et une paire d'heures de plus pour me rendre compte qu'il fallait installer en plus un logiciel virtuel sur l'ordinateur portable du héros pour être capable de déchiffrer les hiéroglyphes récupérés par ce scanner !  Les plus persévérants adoreront, les explorateurs du dimanches vivront un mauvais moment et préfèreront se tourner vers un autre titre, en passant à côté de la beauté intérieure proposée par ces ruines infernales. A la clé, une belle récompense pour les plus courageux, puisque La-Mulana EX dispose d'un trophée platine. Quelques mots sur les ajouts apportés par cette version EX : un bestiaire de monstre rempli d'illustrations, un gameplay remanié, et une traduction des textes en Français (fort appréciable).  

En résumé



Exigeant mais bourré de bonnes idées, on pardonne sans problème à La-Mulana EX sa difficulté singulière. Avec des graphismes 16 bits et une bande son tout aussi réussie, l'ambiance rétro qui ressort de ce titre est tout à fait cohérente. Soutenus par un gameplay solide, un contenu faramineux, et des énigmes futées, les hardcore gamers prendront du plaisir pendant de longues heures à explorer ces ruines piégées. C'est moins vrai pour ceux qui n'aiment pas persévérer ou se creuser les méninges. En effet, ceux qui recherchent un défouloir se heurteront à un jeu de plateforme sadique et déroutant. Mais si vous vous sentez l'âme d'un Indiana Jones en herbe, pour 14,99€ sur le store PSN, soyez assurés que vous en aurez pour votre argent.


On aurait aimé :
Un mode 16:9
Un manuel plus étoffé

On aime :
Ses graphismes 16bits.
Sa bande son dynamisante.
Ses puzzles qui te retournent le cerveau.
Sa durée de vie.

La note finale :

MENTION SADIQUE


3 commentaires:

  1. si j'ai bien compris y'a aucun checkpoint ou sauvegarde, si on meurt on recommence tout à zéro ?

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    1. En début de partie oui, c'est le cas. Il y a juste un point de sauvegarde dans chaque monde, mais il faut se coltiner tout le chemin en sens inverse pour faire la save. Par contre ça se débloque avec un objet spécial un peu plus tard dans le jeu qui permet de se téléporter entre les différentes stèles de sauvegardes :)

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  2. Un grand jeux ,merci pour ce teste :)

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