samedi 18 avril 2015

[Test] Tokyo Twilight Ghost Hunters (Vita)


Depuis que je joue souvent dans les transports en commun, je me suis mis à apprécier de plus en plus les visual novels ; un genre de jeu qui s'inscrit dans une logique transmédia dont la principale caractéristique est de pouvoir résoudre des intrigues grâce à des dialogues écrits. Si ce concept ludique passant par le verbe pourrait paraître barbant pour des joueurs en quête d'action, il a l'avantage de permettre d'interrompre sa partie un peu à n'importe quel moment. De plus, le pouvoir des mots, appuyé par l'imaginaire du lecteur, permet une immersion souvent hyper captivante - à condition que l'écriture soit suffisamment maîtrisée pour embarquer l'imaginaire du joueur. Etant grand amateur de la culture Japonaise contemporaine et des histoires de fantômes, c'est donc avec une certaine avidité que je me suis jeté sur Tokyo Twilight Ghost Hunters (en version PS Vita, le jeu existant aussi sur PS3), un titre qui, comme son nom l'indique, propose d'aller chasser du spectre dans la capitale nippone ! Après les succès phénoménaux des épisodes de Danganronpa ou encore Virtues Last Reward, TTGH saura-t-il marquer les occidentaux de son empreinte ?

"Beau gosse simulator"


”BONJOUR MADEMOISELLE, JE SUIS RAVI QUE VOUS
M'AIDIEZ A EXPRIMER MES SENTIMENTS FRAGILES ” 
L'introduction commence par une mise en scène ultra classique pour le genre. On débarque dans un lycée nippon pour assister à un premier cours et puis on rencontre les célébrités de la classe (le délégué, la première de la classe, etc) qui sont bien sûr impatients de faire ami-ami avec le nouveau que vous êtes. Mais à la sortie des cours, on rencontre également  une bombasse en tailleur  une business-woman qui va vous draguer d'une manière plus ou moins subtile pour vous convaincre de participer à une enquête dans un journal spécialisé autour de l'actualité du paranormal. Quelques minutes après on apprend que le journal n'est qu'une couverture de l'activité d'un bureau de chasseurs de fantômes. Comble du comble, puisque monsieur le délégué de classe et madame la première de la classe sont également de la partie, ça tombe bien puisqu'on venait juste de faire copain avec eux. Bon, excusez-moi si je spoile avec cet article, mais sachez que je vous enlève juste quelques minutes d'un premier chapitre stéréotypé et sans surprise, ce qui n'est vraiment pas grand chose en considérant que TTGH propose un ensemble de 13 chapitres au total. Plusieurs qualités séduisent le joueur dès les premiers instants. Par exemple la qualité de l'animation pendant les dialogues. Les développeurs se sont carrément fendus d'une techno dédiée appelée... GHOST (pour "Graphic Horizontal Object Streaming"). Cette techno permet d'animer les PNJ en 2D lors de ces discussions chères aux visual novels. Véritable avancée technologique ou argument marketing fumeux, je ne sais pas, toujours est-il que ces discussions souvent un peu figées chez la concurrence, ressortent ici plus dynamiques et vivantes. L'ambiance graphique générale qui s'en dégage est très flatteuse. Ajoutons que les musiques de rock instrumental qui accompagnent ces scènes sont globalement réussies, ce qui contribue à plonger le lecteur dans l'aventure.

Hantons en coeur


Le mode battle ressemble à une sorte de bataille navale, en plus stratégique
Nombres de nouveautés et de caractéristiques originales vont distinguer TTGH des autres visual novels. Par exemple les dialogues du jeu ne se font pas par un QCM mais par un système novateur de “roue émotionelle”. Le manuel en ligne est assez léger en explications, mais en gros on est censé se faire des ami(e)s virtuel(le)s (et je confirme qu'il y a bien une composante drague de lycéennes, avec plein de sous-entendus ^^) en associant une émotion à une partie du corps (colère, tristesse, amour, nez, oeil, main...). Fatalement, lors de la première utilisation, je me suis retrouvé à lécher le nez d'une parfaite inconnue en essayant de lui dire bonjour... Innovant donc mais un poil déroutant à utiliser ! Heureusement l'éditeur NIS America a publié une petite aide à l'utilisation de ce système, mais on aurait quand même préféré quelque chose de plus simple. Autre trait caractéristique : le déroulement de l'histoire n'est pas linéaire (d'ailleurs plusieurs fins sont possibles)  et chaque chapitre du “mode aventure” alterne avec des séquences intitulées “battle mode” ou “mode bataille stratégique”. C'est dans ce mode de jeu que l'on va pouvoir enfin chasser les fantômes ! D'abord, une phase de préparation permet d'examiner un plan des lieux dans lesquels se déroulent la chasse, de crafter divers objets utiles, et de placer de quoi piéger les fantômes (pincée de sels, détecteurs, etc). Ensuite la phase d'action permet de commander au tour par tour son équipe de chasseurs de fantômes sur un échiquier représentant les lieux. Quand les fantômes (invisibles) passent à portée d'un coéquipier, la résolution de combat s'enclenche et l'écran passe en vue 3D subjective. Malheureusement pour moi, je n'ai pas hyper accroché au concept, car j'ai trouvé que cela ressemblait à une bataille navale en plus compliqué : le hasard est prépondérant et 90% des attaques lancées ne servent à rien car vous attaquerez... le vide. Quant à la richesse apportée par les diverses armes et artefacts, j'ai trouvé encore une fois laborieux de s'y plonger, car le tutoriel est très succinct et le manuel online ne rattrape pas grand chose. Pour ma part, c'est donc un soulagement de finir ces séquences n'apportant rien au schmilblick mais hélas nécessaires pour avancer en mode aventure. Entre chaque chapitre, on doit donc se coltiner ces batailles de fantômes invisibles mais il est également proposé de participer à d'autres activités, comme par exemple lire les news, répondre à des contrats, crafter des objets, booster les carac' de ses personnages, draguer les filles de l'équipe, et même jouer à un jeu de cartes virtuel avec les autres membres du bureau. Bref, TTGH a mis le paquet sur les à-cotés et le fan service. Mais si ces gadgets ajoutent de la richesse au titre, ça ne rend pas plus intéressant le mode battle pour autant...

Conclure


Tokyo Twilight Ghost Hunters offre une expérience finalement bien contrastée. D'un coté j'ai été agréablement surpris par le rendu graphique du mode aventure, de l'autre coté j'ai trouvé le système de roue émotionelle vraiment pas pratique à utiliser pour dialoguer avec les PNJ. J'ai apprécié la richesse du mode “chasse aux fantômes”, avec son système de combat hérité des tactical-RPG et sa vue en 3D, mais j'ai été bien vite lassé par sa complexité et son coté répétitif typé bataille navale. TTGH dispose certes de mécanismes de jeu originaux, d'une réalisation soignée, et d'un gameplay riche. Mais il est vraiment difficile de soutenir la comparaison avec les ténors du genre, comme par exemple DanganRonpa qui se veut plus ergonomique, plus captivant, plus charismatique et bien plus délirant. Si TTGH n'est pas le meilleur visual novel de la Vita, je le recommande néanmoins aux joueurs en recherche d'immersion dans une Tokyo contemporaine et bercée par les légendes traditionnelles nippones. L'ambiance créée par le rendu graphique et les musiques réussies sauront susciter un véritable intérêt pour ce jeu. Quant aux curieux qui s'attendraient à un véritable “visual J-RPG”, ils risquent d'être rapidement largués. Saluons néanmoins l'effort de traduction de l'éditeur qui nous propose de goûter à ces titres nippons en toute sérénité ! 


On n'aime pas :
Les phases de bataille navale lassantes

On aurait aimé :
Un tutoriel qui tiens la route
Des vrais dialogues

On aime :
Le contexte tokyoïte contemporain
Son rock instrumental
Le rendu visuel

La note finale :

MENTION MI-FIGUE MI-RAISIN

1 commentaire:

  1. Coucou,
    Tokyo Twilight Ghost Hunters est un jeu qui a su se démarquer des autres, je dirai. J’ai eu très souvent la chance de jouer aux jeux techniques, grâce à http://www.prizee.com/ notamment, donc je pense que cela m’aurait plus d’essayer ce titre.

    RépondreSupprimer

Si tu as aimé mon billet, j'aimerais bien le savoir ! Et si tu n'as pas aimé aussi : bref, la parole est à toi !