lundi 21 septembre 2015

[Test] Danganronpa : Another Episode (Vita)

Vous aimez les enfants ? Moi oui je les adore! Enfin sauf quand ceux-ci sont criards, capricieux, violents et détestent les adultes. Vous imaginez si tous les enfants étaient comme ça ? Que se passerait-il si ces enfants étaient en plus décidés à prendre le pouvoir par la force afin d'autoriser les repas de bonbons et l'amusement toute la journée ? Improbable me direz-vous. C'est pourtant le scénario catastrophe que nous propose de vivre Danganronpa Another Episode : Ultra Despair Girls, la spin-off du génial visual novel de Spike Chunsoft. Le dernier épisode de la série Danganronpa nous avait enchanté, tant par son exceptionnelle qualité scénaristique que par la fraîcheur de sa direction artistique . La performance est-elle renouvelée dans cette déclinaison d'un genre nouveau pour la série ?

C'est quand même pas de bol !


Tous les enfants sont déguisés en Monokuma. Glauque.
Another Episode : Ultra Despair Girl est donc une spin-off. Exit en effet le genre visual novel des précédents volets, cet opus prend la forme d'un TPS (third person shooter), mâtiné d'un soupçon d'aventure. Plutôt Resident Evil que Uncharted, ce Danganronpa à la sauce 3D nous met dans la peau de Komaru Naegi, qui n'est autre que la petite soeur de Makoto, le héros de Trigger Happy Havoc. La pauvre jeune fille accumule la guigne depuis des lustres puisqu'elle commence le jeu en étant séquestrée dans un appartement, vêtue de son habit d'écolière et vivant sans aucun échange avec l'extérieur autre que la nourriture qu'on lui dépose sur un plateau. Quand un beau jour elle entend toquer à la porte... c'est pour apprendre que le monde a été dévasté par une armée de robots Monokuma. La horde d'oursons malveillants est gouvernée par une bande de cinq exécrables "marmots ultimes" auto-proclamés "Warriors of Hope", qui a décidé d'organiser une chasse à l'homme dans laquelle vous jouez le rôle de la proie. Quand je vous dit que la miss n'avait pas de pot... Heureusement, la Future Foundation (une organisation bienveillante bien connue des amateurs de la série) est là pour lui confier de quoi se défendre. C'est donc armé d'un mégaphone que nous allons réussir à survivre sur l'île urbaine de Towa City. Le mégaphone, moins conventionnel, mais plus fort que le couteau suisse ? Certes, surtout que ce porte voix va devoir être utilisé de nombreuses manières, grâce aux mods apportés par la Future Foundation et qui permettent de lancer les fameuses "Cartouches de réfutation" (traduction littérale du terme Danganronpa). Concrètement, il s'agit d'un rayon électro-magnétique, capable de perturber le fonctionnement informatisé des hordes de Monokuma, ou de tout autre objet à base de microprocesseurs. Dans le jeu, on appellera donc cet appareil un "hacking gun", même si tous les joueurs savent à l'intérieur d'eux-mêmes que ce truc n'est qu'un mégaphone amélioré :D. Vu la sophistication technologique de l'île sur laquelle on évolue, sachez qu'il n'existe pas plus utile outil que ce "hacking gun". Bon, ce mégaphone, c'est cool, mais en tant que bon fan de jeux nippons, vous vous demandez avec raison ce que serait un TPS japonais sans arme blanche ni gerbes de sang ? Hé bien vous avez bien vu, puisque l'on fera équipe lors de cette aventure avec la sanguinaire et bipolaire Toko Fukawa, aka Genocide Jack, armée de ses efficaces ciseaux. Quand la jauge le permet, il suffira d'appuyer sur la touche triangle pour passer temporairement dans un mode beat'em up permettant d'organiser un véritable petit massacre. Joussif !

Et ça fonctionne ?


L'esthétique si chère à la licence n'est absolument pas dénaturée par le passage à la 3D
La presse JV semble divisée au sujet de ce nouvel opus. Si le japonais Famitsu accorde un très bon 35 / 40 au titre, la rédaction de Destructoïd n'a pas été aussi enthousiaste, et se retrouve à lui infliger un  6,5 / 10. Pour ma part, j'étais un peu sceptique avant d'avoir le titre entre les mains. Je craignais que l'esthétique très cartoon et sang fluo propre à la série ne fasse pas bon mélange avec le gameplay typé horreur urbaine. Sans me l'avouer, je trouvais même les screenshots de preview un peu désuets, avec ses graphismes en 3D du niveau d'un jeu PS2. Mais je crois que j'ai eu raison d'avoir foi dans un studio qui ne m'a jusqu'à présent jamais déçu : j'ai nommé Spike Chunsoft, un studio de développement pointilleux doté d'un sens du détail hors du commun. Ainsi, j'ai été rapidement soulagé lors de la prise en main, et agréablement surpris par la cohérence graphique. Les cut-scènes façon animes sont impeccables, et le rendu coloré de la 3D assure des transitions parfaites avec ces cinématiques. Si le titre mise sur l'exploration de zones en 3D, une très grande partie du temps de jeu est consacrée à l'explication de l'histoire, avec des dialogues façon V.N. sous formes d'overlay 2D qui ne renieront aucunement les origines de la série. Ainsi, même ceux qui n'ont pas fait les épisodes précédent pourront apprécier le scénario de folie, toujours aussi bien ficelé et rempli de twists qui relancent sans cesse l'intérêt de l'histoire. J'ai beaucoup apprécié le fait que chacune des phases de dialogues soit doublée par des acteurs vocaux, dans un anglais irréprochable (les voix jap originales peuvent être ajoutées en téléchargeant le déverrouillage sur le playstation store). Côté mécaniques de jeu, on retrouve la grande variété propre à la série, avec des mini-énigmes, des objets cachés, et un gameplay principal qui amène le joueur à se dépasser via un système de eye-shot permettant des kills instantanés. Mention spéciale pour les boss dont il faut trouver le point faible, un peu à la façon d'un Dark Souls. Les modifications du hacking gun (8 types d'actions différentes), déverrouillées au fil de l'aventure donnent lieu à la résolution de puzzles, certes moins coriaces que ceux des autres Danganronpa, mais toujours aussi gratifiants. Cet "another épisode" est  donc indéniablement une très bonne surprise, tant pour les fans que pour les nouveaux arrivants, qui devront néanmoins répondre à deux conditions : il est impératif de comprendre l'anglais, et il faudra se faire au graphismes édulcorés utilisés pour dépeindre et dédramatiser un scénario angoissant sur fond de fin de l'humanité.

Conclusion


La sélection des screenshots a été difficile tant les scènes surprises regorgent de coolness.
Ca pouvait paraitre périlleux, mais Spike Chunsoft a réussi à transposer le génie vidéoludique de ses visual novel acclamés par le joueurs en un jeu d'action 3D, sans pour autant dénaturer la série. On aurait pu croire que cette transformation en jeu de tir à la troisième personne allait nuire à la finesse de la narration : il n'en est rien. J'ai été une nouvelle fois captivé par cette histoire dépeignant "le plus tragique évènement de l'humanité". Ajoutons à ce scénario haletant une réalisation exemplaire, des mécaniques de jeux bien pensées, et des doublages soignés : on est loin du simple essai exploratoire que certains craignaient, et la qualité de ce titre humblement nommé "un autre épisode" ("Another Episode") est irréprochable. Ceux qui fonceront chez leur revendeur pour découvrir ce titre le laisseront certainement pendant de nombreux mois sur la carte mémoire de leur Vita. Ah, et j'oubliais : le jeu est compatible Vita TV et possède un platine pas trop difficile à obtenir...


 On aime : 
La maturité du scénario
 Les méchants du jeu
 Le talent des voice actors
Les twist scénaristiques
Les voix japonaises et le thème pour Vita offerts sur le PSN

La note finale :

Un Resident Evil sauce manga!

Dispo en démat sur le store PSN ou en version boite sur amazon.fr



1 commentaire:

  1. Bonjour,

    Dans quelle boutique on peut acheter cet épisode ? Je ne le trouve nulle part...

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