mercredi 23 septembre 2015

[Test] Tembo The Badass Elephant (PS4)

Disponible depuis l'été 2015 sur consoles de salon next-gen (PS4, One et PC), le dernier jeu de plate-forme édité par Sega himself et développé par le studio à l'origine de Pokémon avait su piquer notre curiosité. En effet, il est assez rare d'entendre parler de Gamefreak pour autre chose que Pokémon. Pourtant, ceux qui ont connu les consoles 16bits et l'âge d'or du jeu de plateforme se rappellent certainement que cette équipe de dev fut à l'origine de quelques véritables petites pépites, citons par exemple Pulseman sur consoles SEGA. Avec de tels vétérans aux commandes, il devient légitime de se demander si l'heure de la relève n'est pas arrivée pour Sonic le Hérisson, le pauvre animal officiant en tant qu'icône du jeu de plateforme depuis maintenant plus de 25 ans...


Il n'est pas gros, il a une ossature lourde!


Rainbow Tembo !
Quand on lance sa première partie, la présentation du jeu contient juste ce qu'il faut pour faire un bon plateformer 2D. Un poil d'histoire pour camper le scénario et donner un but au joueur (vaincre "Phantom", l'armée des vilains envahisseurs), un zeste de présentation du héros pour permettre de s'attacher à cette nouvelle mascotte pachydermique, et zou, démarrage d'un premier niveau pour expliquer les commandes. Tembo The Badass mise donc sur l'efficacité et ne s'encombre pas de cinématiques disproportionnées, ni de pages de textes rébarbatifs. La succincte narration prend la forme d'un comics animé et plutôt bien mis en scène (peut-être un client d'oeil à Comix Zone, un des plus grand succès de maitre SEGA de l'ère 16bits). On contrôle donc Tembo l'éléphant, qui est une sorte de fusion entre les personnages de Rambo et de Dumbo. Lorsqu'on le déplace, on sent bien l'inertie de la bête. les contrôles sont riches et subtils, car plusieurs attaques existent : l'attaque chargée, l'uppercut, la trompe qui arrose (à condition d'avoir emmagasiné de l'eau auparavant) et la pirouette rebondissante. C'est cette dernière forme d'attaque / déplacement qui est la plus puissante, et qui offre le plus de sensations. Elle donne l'impression de contrôler ces énormes boules accrochées aux grues sur les chantiers de démolition : lourdeur, maladresse et destruction sont les maîtres mots de la partie. Un peu comme dans Sonic, l'inertie tient une importante place dans le coeur du gameplay : roulez un peu trop négligemment et vous vous retrouverez dans un feu nocif qui vous ôtera une vie. Foncez un peu trop vite et vous manquerez définitivement de pouvoir atteindre une plateforme qui aurait permis d'accéder à un autre endroit du stage. En parlant de ça, l'exploration des stages revêt une importance certaine, surtout pour les perfectionnistes qui souhaitent finir le jeu à 100%, car les niveaux sont remplis de recoins cachant des collectibles (en l'occurrence des civils à libérer du joug de l'ennemi). Détail visuel sympa : les civils libérés chevauchent ensuite notre éléphant, et apparaissent donc sur le dos de Tembo jusqu'à la fin du niveau!


Plus fort que Jean Rochefort


Les décors volent littéralement en éclats! Magie du moteur physique.
... qui trompe pourtant énormément. Le gameplay joue la carte du classicisme. Mais ne vous y trompez pas, la touche next-gen est belle et bien présente : classique n'est pas toujours synonyme de "vieux jeu". En effet, les niveaux font la part belle à l'utilisation d'un véritable moteur physique, ce qui permet des interactions non scriptées. Vous aurez par exemple le choix de foncer pour attaquer, ou de détruire les décors pour réduire vos ennemis en bouillie. Certains items sont présents et n'attendent que d'être utilisés par notre éléphant baroudeur : comme par exemple cette énorme boule de bowling géante posée en équilibre, et avec laquelle il est possible de jongler pour l'envoyer s'écraser sur quelques ennemis plus loin. Coté graphisme ce moteur physique autorise beaucoup d'animations, ce qui rend les niveaux très vivants, avec de nombreux éléments de décor en mouvement. Ce moteur permet également d'afficher à l'écran de manière très stylée des onomatopées façon comics américain. Les "BOOM", "BAM" et autres "BADA-BA-DA" suivent Tembo quand il se déplace, et disparaissent en s'écrasant dans le décor. Très fun, l'effet évoque les téléfilms d'action des années 80. Le jeu compte un total de 18 niveaux, ce qui est tout à fait correct au regard du prix mini auquel est vendu le titre, surtout que chaque niveau bénéficie d'une bonne rejouabilité, grâce aux civils à sauver pour obtenir le 100% ainsi qu'à la présence d'un leaderboard. La difficulté de ces niveaux va rapidement devenir un challenge, même pour les joueurs aguerris. Tembo The Badass n'est pas un jeu où foncer rime avec succès : il faudra garder une attention constante pour éviter de se faire dégommer par les divers ennemis. C'est d'ailleurs le seul reproche que je ferais au titre : les parties ne sont pas particulièrement grisantes, à cause de l'inertie de la maniabilité d'une part, et à cause de la difficulté qui peut se révéler frustrante d'autre part. Non pas que ce soit mauvais, mais les niveaux exigeants empêchent le jeu de servir de défouloir videur de cervelle (ce qui se prêtait pourtant bien au style ramboesque de l'éléphant). Rassurez vous, le plaisir est néanmoins bien présent lorsqu'on fait exploser le décor pour quiconque à des fantasmes de démolisseur à assouvir :) 


Conclusion


C'est un réel plaisir d'admirer l'effet graphique hyper cartoonesque qui retranscrit les mouvements de Tembo.
C'est donc un retour aux origines pour les créateurs de Pokémons, qui décident de varier les plaisirs en nous offrant un jeu de plateforme 2D classique, tout en étant remanié aux goûts du jour. Avec son level design sans faille, ses solides mécaniques de jeu, et doté d'une forte personnalité marquée par un humour omniprésent, on peut dire que Tembo The Badass envoie la sauce et casse la baraque. Future star de nos consoles, le pachyderme puissant et charismatique a su montrer son potentiel dans ce premier épisode. Afin de devenir une véritable icône dans le futur, on espère que d'autres volets verront le jour. A quand un portage Vita ? Pour 12,99€ en démat' sur la console de Sony, le rapport qualité prix de ce titre est très bon. Qui plus est, vous bénéficiez en ce moment d'une petite réduction puisqu'il est dispo depuis ce jour et jusqu'au 8 Octobre 20015 à 9€ sur le PSN, vous n'avez plus aucune excuse pour essayer ce titre !

On a aimé :
- son rapport qualité prix
 - la personnalité et le style baroudeur
- l'humour débridé
- jouer les démolisseurs

On aurait aimé aussi : 
 - un level design et un gameplay plus permissif
 - voir un platine dans la liste de trophées

 

La note finale :


Une valeur sûre du jeu de plateforme et un hommage aux 80's !

2 commentaires:

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