lundi 24 avril 2017

[Test] Kona (PS4)


Saviez-vous que la ville de Paris est à peu de chose près à la même latitude que Montreal ? Si le gulf stream n'amenait pas son courant d'air chaud, nous aurions aussi froid en France que chez nos cousins canadiens. N'étant jamais allé là-bas moi-même, je n'avais en fait aucune fichue idée de ce que cela pouvait bien représenter jusqu'à ce que je découvre Kona, un simulateur de caribou jeu d'aventure développé par Tabernacle Interactive Parabole / Ravenscourt et paru le 22 Mars 2017 sur PlayStation 4.

Bucheron simulator 2017


Après un vin chaud, rien de tel qu'une bonne séance de drift en camion sur les pistes forestières.
Kona propose d'explorer la région du lac Atamipek en incarnant Carl Faubert, un vétéran du Vietnam devenu détective privé. Comme tout un chacun le sait, le Canada, c'est un sacré pays de bûcherons, alors enfilez votre chemise à carreaux, et sautez dans votre pickup! La partie démarre donc par une balade sur un chemin forestier à bord d'une camionette rouge. Le narrateur nous apprend que nous sommes embauché par le notable du coin, le détesté W. Hamilton, propriétaire et exploitant de la mine de cuivre locale. Pendant que la voix-off au délicieux accent québecois nous campe le décor, ce début de l'aventure nous laisse conduire le véhicule jusqu'au domicile de ce monsieur. Petits détails sympas : à bord de la caisse, on peut regarder par les fenêtres en orientant le stick gauche, tourner le volant avec le stick droit, ouvrir la boite à gant, consulter la carte, ou encore manipuler la radio... Toutes ces interactions se passent en vue à la première personne. Kona se présente comme une sorte de doom like en plus évolué : lorsque des objets permettent une interaction, un point blanc s'affiche et invite à cliquer pour utiliser. Simple, efficace, immersif... et compatible avec la VR (la jouabilité sur PlayStation VR est annoncée mais aucune date n'est encore avancée). Pour le reste de la partie technique, c'est vite vu : la 3D n'est pas désagréable à l'oeil, mais ne casse pas trois pattes à un canard (c'est le genre de jeu qui pourrait largement tourner sur une config PC de 2010). Le principal y est : pas de bug de collision, on reconnait bien les divers accessoires de bucheron (barre à mine, hache et motoneige), et surtout la neige est fort réaliste. Entre les flocons, les traces de pas et le crissement de la poudreuse : on s'y croirait. C'est peut être un détail pour vous, mais dans Kona ça veut dire beaucoup ♬. En effet tout tourne autour du froid et de la neige : la survie, la santé mentale du héros, les trajets... Cette pression météorologique omniprésente va peser dans toutes les décisions du joueur...


Au frontières du glacial

Pour ne pas mourir après dix minute de balade, il faudra apprendre à cohabiter avec les loups, véritables prédateurs de la forêt.
Entre deux points de sauvegarde, matérialisés par l'allumage d'un poêle à bois ou d'un feu, le joueur s'affaire avec diverses missions implicites comme par exemple réparer son véhicule ou résoudre des énigmes grâce à un appareil photo permettant d'immortaliser des preuves rassemblées dans un carnet consultable à n'importe quel moment. Avec pas mal de rebondissements, le scénario, quoique classique arrive à captiver rapidement. Il y a ce petit quelque chose de X-Files, entre le "trop naturel" et le surnaturel qui vient discrètement se rajouter à l'intrigue, tel un bruit de fond angoissant, pour détourner notre attention de l'enquête. D'ailleurs, le protagoniste incarné par le joueur n'est ni plus ni moins qu'une sorte de Fox Mulder à l'accent québecois. Solitaire, flegmatique même dans les pires moment, et hésitant entre témérité et sens du devoir : il faudra être rusé et tenace pour espérer percer les secrets de l'histoire de Kona. Il faudra également avoir des nerfs d'aciers, ainsi qu'une bonne couverture en laine (ou une pilosité importante), car malgré les 20.5°C de mon salon, l'immersion exacerbée par le bruit du blizzard en 7.1 dans mon casque aura réussi à me faire lever  du canapé pour aller chercher une couette durant ma dernière partie. Grâce à la voix-off humoristique et parfaitement jouée, le dépaysement est total, et les sessions d'exploration de la forêt enneigée se révèlent à la fois inquiétante et irrésistiblement intriguantes.


Conclusion



Jeu d'aventure immersif, Kona nous fait découvrir la vie d'un village canadien des années 70, en mode "seul face la nature". Survie en solitaire, résolution d'énigme et lutte contre le froid et les loups seront les activités principales de ce titre indépendant. Angoissant, frigorifiant et piquant la curiosité : on oublie difficilement l'expérience de ce jeu d'enquête. Bref, on adore, on adhère : avec Kona, le studio indépendant Ravenscourt signe une très belle release et arrive à donner un certain vent de fraicheur aux jeux d'aventures qui existaient sur PlayStation. Et si vous voulez essayer le jeu sur PC avant de craquer, sachez qu'il est également disponible sur la plateforme Facebook Gameroom .


Les petits plus de Kona :

- Le charisme de sa voix off
- Son ambiance neigeuse inoubliable
 - Idéal si vous voulez faire des économies de clim
- Plus fun que le Cluedo

... et ses petits défauts :

- Des chargements de zones un peu trop fréquents
- Donne envie de mettre le chauffage à donf !

Note finale :

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