lundi 3 avril 2017

[Avis] Maldita Castilla Ex (PS4)

Quand on regarde des titres comme Shovel Knight, la compilation Capcom 8bits ou encore Curses ‘n Chaos (offert ce mois d'Avril sur le PlayStation Plus), il est clair que le genre du "faux rétro" ne s'est jamais aussi bien porté qu'aujourd'hui. Et que je te met du style 8bit par ci, et que je te vante mon esprit 16 bits par là. Pour le meilleur comme pour le pire, les studios indés sont massivement inspirés par cette opportunité, ce qui cache soit un amour profond de cette époque incroyable. soit un manque de évident de compétence technique. Enfin, des recettes de plus en plus spécialisées sont explorées. Remake des graphismes en HD, musiques façons chiptune, ajout de filtres pour simuler un écran cathodique... Et puis au milieu de toute ces expérimentations, il y a Locomalito, cet espagnol quarantenaire qui édite ses propres freewares dans son coin.

Fausse vraie arcade



Contrairement à nombre de ses congénères motivés par l'appât du gain, la gloire ou encore le sexe facile avec de jeune femmes de ta région, le brave homme s'est tourné vers le rétro parce qu'il aime l'arcade. En tant que personne méticuleuse, il a commencé son travail par définir sa vision de l'arcade :  finissable en une seule session, une seule difficulté, autorisant le scoring, etc. Cette charte de l'esprit arcade a ensuite donné naissance en 2012 à un fabuleux hommage à Ghouls And Ghost, nommé Maldita Castilla (et distribué gratuitement sous la forme d'un freeware windows). Parce que le plaisir d'un jeu, ce n'est pas seulement être devant l'écran, Locomalito est allé jusqu'à fournir les ressources pour imprimer le DVD-art, la jaquette, ainsi qu'un excellent manuel multi-langues rempli de graphismes. Au final, la démarche reçoit des avis extrêmement positifs de la part des passionnés du monde entier, et certains artisans ont même fabriqué une borne d'arcade dédiée (Locomalito étant allé jusqu'à mettre les side arts à disposition). De fil en aiguille, nous voilà en 2017. Locomalito rencontre Abylight, et un portage PS4 est lancé. Une première version "augmentée" (Cursed Castilla : Maldita Castilla EX) paraît alors en ce début d'année sur le PSN.

C'était mieux avant ?


Happé par la nostalgie, j'ai donc mis la main sur ce fameux titre. Une fois en jeu, on peut dire que l'arcade fait son job. Quatre boutons de commande : déplacer (gauche, droite), sauter, tirer. On avance dans le niveau comme dans n'importe quel jeu de plate-forme, et des gros sprites de monstres nous foncent dessus. Il faut alors éviter les projectiles adverses et envoyer la sauce pour survivre. Maldita Castilla EX reprend les codes des années 80. La recette est certes sans surprise, mais le level-design du jeu arrive bel et bien surprendre. Chaque projectile de chaque mob semble spécifiquement timé pour toucher le joueur là où les déplacement le poussent. Résultat : on en chie, on en bave, on s'arrache les cheveux. La difficulté est ardue, et il faudra s'accrocher pour finir les 8 stages du titre. Maldita Castilla EX est dur, mais pas dur comme Dark Souls qui vous récompense de trophée, d'expérience, ou d'item super puissants chaque fois que vous tuez un petit boss. Non, ici c'est de la vraie difficulté arcade : peu de checkpoints, seulement 3 vies, et quand on rate, on recommence! Voilà la dure loi de la vie, et la seule satisfaction que l'on obtient après avoir trouvé le point faible d'un boss, c'est de pouvoir accéder au niveau suivant. D'ailleurs en parlant de trophées, sachez que sur les 16 trophées (dont un platine 😀) je n'en ai eu... aucun ! Une maniabilité simple comme bonjour, une difficulté le réservant aux hardcore gamers... est-ce que c'était vraiment mieux avant ? Certain aimeront, d'autres moins, c'est certain.
Certains niveaux sont spéciaux. Ici le combat avec ses potes sur une charette. Génial !




Une pixellisation irréprochable


Raconté comme ça on pourrait se dire que le titre a peu de sex-appeal en 2017. Mais si l'on accepte de mourir et de réessayer inlassablement, c'est parce que le titre arrive distiller un certain plaisir de jeu. On pourrait citer par exemple son scénario inspiré de l'histoire médiévale Espagnole, la variété de ses sprites qui comptent environ 50 monstres différents, des niveaux qui se déroulent dans des situations toujours différentes (combat au dos d'une charette, dans une barque, etc...), pleins d'armes à essayer... On sent que l'auteur n'a jamais cédé à la facilité du copier coller lors du level design. Le jeu est carrément pourvu de 4 fins différentes ! Quant à la bande-son, celle-ci est tout aussi exceptionnelle. Réalisée sur un synthétiseur FM par l'excellent Gryzor87, elle colle aussi bien à l'ambiance médiévale qu'à l'ode aux années 80. Enfin la partie technique est bien entendu parfaitement exécutée : ni ralentissement, ni temps de chargement ne se feront sentir, et forcément, plusieurs filtres de rendu seront sélectionnables afin de simuler une image typée tube CRT (vous pouvez donc ranger votre générateur de scanlines).
Les ennemis sont numbreux et variés.




Conclusion


Cursed Castilla : Maldita Castilla EX est un peu comme un très bon whisky : la mise en bouche arrache le palais, mais les vrais connaisseurs savent trouver un arôme exquis et subtil derrière la brutalité du premier contact. Les trentenaires nostalgiques qui dépensaient jadis leurs pièces de dix francs sur Ghost And Goblin seront forcément séduits tant l'hommage aux classiques des 80's est réussi. Les autres gamers dotés des compétences "skill" et "persévérance" pourront également apprécier l'expérience Maldita Castilla EX. Ce qui est sûr, c'est qu'un contenu arcade aussi copieux et d'un tel niveau de qualité, c'est exceptionnellement rare. Qui plus est, encourager son créateur fera  vivre la scène arcade tout en étant bien plus fun qu'un épluchage de ROMs sur MAME. Et la bonne nouvelle du printemps, c'est qu'un second jeu "faux-arcade" et porté également par Abylight devrait sortir ce mois-ci, et il s'agit d'un shmup intitulé Super Hydorah ! Longue vie à l'arcade !


Ca roxxe :

- la démarche d'un créateur passionné
- hyper fidèle à l'esprit arcade des 80's
 - level-design très varié

Chaud et froid :

- une difficulté réservée aux hardcore gamers
- pourquoi pas sur Vita ?

Note finale :

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