jeudi 25 mai 2017

[Test] Birthdays, The Beginning (PS4)

Les gode games c'est sympa! Quand j'étais gosse, je passais des heures à cliquer partout dans Populous, sans trop comprendre où ça menait ni ce que ça faisait, mais je trouvais rigolo de cliquer pour élever une montagne ou creuser le sol, et voir ensuite de petits bonhommes construire tout seuls des maisons de pailles et évoluer vers la construction des chateaux forts (tout en mettant gaiement des coups d'épée sur la tronche du voisin bien entendu!). Ce concept de "God Game" fut inventé en 1989 par Peter Molyneux. Ce fameux Peter qui est d'ailleurs à l'origine des trois quarts des titres du genre (Black & White, Dungeon Keeper, Godus...). Dans ses jeux, on agit en tant qu'entité toute puissante capable de manipuler un monde mais sans interagir directement avec les créatures qui y vivent. Yasuhiro Wada (TOYBOX Inc.), game designer ayant officié sur Harvest Moon ou encore No More Heroes, s'est certainement senti inspiré par ce concept. Avec de telles influences, son dernier bébé sentait bon l'originalité et le gameplay addictif. J'ai donc craqué le weekend dernier sur Birthdays The Beginning, et je vous raconte tout !

Au commencement était le cube


Le style en VOXEL permet également de naviguer à la première personne. Pratique pour capturer les créatures!
En voyant les premiers trailers du jeu, j'imaginais un gameplay un peu façon Minecraft. En réalité on est assez loin de ce concept bien que le joueur manipule des cubes. Pour commencer un tutoriel assez long est nécessaire pour bien comprendre comment manier son interface riche en possibilités. On peut donc manipuler le sol (creuser, dé-creuser -créer des collines quoi...) mais aussi et surtout appliquer des gouttes sur certaines cases. Ces gouttes vont créer un fleuve, ou appliquer un effet comme par exemple assécher ou humidifier localement le climat, ou même créer de la vie ! Très proche des hypothèses scientifiques sur l'origine de la vie sur Terre, le gameplay permet donc de revivre de manière ludique les origines de l'évolution en partant d'une soupe biologique (knorr, j'adore). On obtiendra ainsi une première collection d'algues, puis des méduses, après, des coquillages, des poissons, ensuite des amphibiens, et.. et... DES DINOSAURES. Si vous n'avez pas tout compris à mon explication, ça n'est pas grave. Il suffit de garder en tête qu'avec quelques clics pour faire une colline, un océan, et un peu de poudre de perlimpinpin, le joueur va faire naitre dans une jolie nature cubique et luxuriante tout un tas d'espèces de dinosaures hyper mignons. J'ai trouvé l'expérience zen, et très agréable. La UX reste bien foutue malgré des concepts ambitieux. Vous en conviendrez : représenter l'évolution de l'algue au Ptéranodon n'était pas une tâche aisée... Birthdays s'en tire avec brio grâce à un double mode de jeu : en appuyant sur Triangle, on peut switcher du mode micro au mode macro. Le mode micro permet de gérer de très près le cube sur lequel se déroule la vie, et même de se balader dessus pour observer les espèces vivantes à la première personne. Le mode macro, lui, permet de manière dézoomée d'administrer les grandes tendances qui conditionnent l'évolution de la vie sur le monde : température, humidité, et également équilibre entre végétation, règne animal terrestre, et surface océanique.

Du bac à sable, mais pas que!


Le scénario, localisé en français, est raconté sous la forme de séquences façon Visual Novel.
Je sais pas vous, mais moi en général, empiler des cube virtuels, au bout de 10 minutes je lâche l'affaire si je ne suis pas en ligne avec des potes. Sauf que Birthday The Beginning propose un mode campagne joliement scénarisé, et surtout doté de moultes objectifs à atteindre. Ce qui est agréable c'est chaque niveau laisse le joueur libre de continuer, même quand l'objectif est atteint. En général les objectifs demandent de faire apparaitre une certaines espèce sur le cube en créant un environnement propice à son apparition. Chaque niveau validé débloque ensuite l'accès à de nouveaux bonus de manipulation environnementale comme par exemple "réchauffement climatique" pour éteindre les espèces du cube ou "végétation luxuriante" pour créer une oasis au milieu d'un désert. Ces modifications permettent de pousser les évolutions génétiques de la faune et de la flore déjà en place afin de stimuler l'apparition de nouvelles espèces. J'ai trouvé très cool que Birthdays propose de créer plus de 100 espèces, certaines réalistes (ichtyostega, coelocanthe...) et d'autres complètement loufoques comme le monstre du Loch Ness (un trophée est d'ailleurs dédié à cette tâche) ! Le titre encourage clairement à la collectionnite façon Pokémon. Les missions sont au nombre de 4 ce qui assure une durée de vie d'une bonne douzaine d'heures pour boucler la campagne. Alors bien sûr, comme dans tous les jeux de gestion, on se retrouve après à faire un peu toujours les mêmes choses mais ça ne m'a pas empêché de recommencer quelques parties pour voir l'influence de tel ou tel paramètre sur le développement de cette écosystème sauvage. Néanmoins, une fois l'aspect découverte passé, on stagne un peu, en rêvant de pouvoir interagir directement avec ces petites bestioles à la bouille si sympa qui jonchent la planète. Au final, Birthdays est une sorte de simulateur d'aquarium géant qui propose d'équilibrer les constantes environnementales pour favoriser telle ou telle espèce. Il aurait pu être plus, mais non. Ceci dit, proposer une simulation d'évolution du monde sur plusieurs millions d'années, c'est déjà pas mal...

Un ptit cube, un gros cube, c'est l'heure de l'apéricube Birthdays The Beginning !


En résumé


Birthdays, The Beginning, avec son nom aussi original que peu évocateur, est bel et bien un titre qui se démarque de la concurrence. Va-t-il réussir à marquer l'époque PS4 comme Harvest Moon avait pu le faire à l'époque ? C'est encore dur à dire. Propre, bien réalisé, et avec une maniabilité à la manette étonnamment bien foutue, les objectifs sonnent néanmoins un peu creux une fois passée la quinzaine d'heure de jeu. A part ça, la recette fonctionne : le gameplay en marge des jeux du moment saura conquérir les joueurs patients et les passionés d'aquariophilie (voire d'hydroponie). Plus généralement, cet OVNI vidéoludique assumé réussira très certainement à trouver sa place sur les machines des amateurs de jeux de gestion en quête de fraicheur.


Birthdays, The Beggining est :

- une expérience détendante
- agréablement scénarisée
- rempli de dinosaures à collectionner
- trop mignon

on contate qu'il est aussi :

- un jeu basé sur la contemplation
- un peu répétitif une fois la campagne finie


Note finale :


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