vendredi 18 mai 2018

[Test] God Of War (PS4)

Avec un dernier épisode en demi-teinte sorti sur PS3 il y a 5 ans, l'arrivée de God Of War sur PS4 se faisait attendre parmi les fans. Après des mouvements de personnels houleux chez Santa Monica (genre démission de Cory Barlog, directeur créatif travaillant sur la licence depuis 2005), on ne pouvait qu'être inquiet pour l'avenir de cette série culte. D'autant plus que le concept même de la licence est revu en profondeur. Eh oui : bye bye le héros ultra-viril qui cherche à se venger des dieux de la Grèce antique ! Kratos a pris sa retraite et s'en est allé vivre avec femme et enfant dans les montagnes scandinaves. Les plus observateurs remarqueront que ce coup de frais ne semble pas affecter notre héros puisqu'il se trimbale toujours avec le torse à l'air malgré la neige 😃. Mais qu'en est-il du plaisir de jeu ? Reste-t-il intact lui aussi, après le long périple de Kratos ? Le panthéon nordique arrive-t-il à égaler les divinités de l'Olympe? Ma réponse dans ce test !

Laisse pas trainer ton fils



Après une séquence d'intro discrète mais dont le rendu visuel n'a plus rien à envier aux productions cinématographique (Kratos est maintenant "photoréaliste"), on se rend compte que tout à changé ! L'ambiance, les voix, la maniabilité et même le grain de l'image : cet épisode n'a ni le goût, ni l'odeur des colères divines méditerranéennes auxquels les fans de la licence ont été habitués ces dix dernières années.
Les décors ne sont pas sans évoquer Tomb Raider, l'ancien projet de Cory Barlog

La rupture avec les anciens épisodes est complète, et l'aventure commence même par une séance de... babysitting ! Atreus, le fil de Kratos, se retrouve en effet seul avec son père et doit apprendre à survivre au milieu d'une forêt grouillante de monstres issus de la mythologie nordique. Au joueur donc de jouer les "papa poule" en le guidant dans l'apprentissage de la vie sauvage : chasse au daim (les américains seront ravis), au sanglier, et massacre d'un ensemble de saloperies plus ou moins agressives. Ça au moins, ça ne change pas de la Grèce. Notez bien que j'ai écris "papa poule" entre guillemets, puisque Kratos, en bon gros rustre, hurle à longueur de temps après son gosse... jamais vu un père parler avec autant de mauvaise humeur à son fils. Néanmoins le guerrier à la peau blanchie semble plus posé qu'auparavant, il me fait même penser à Joel dans The Last Of Us...  La violence des combats est donc désormais accompagnée de scènes qui soulèvent une violence psychologique certaine due à la présence de cet enfant. Le jeu n'hésite pas à multiplier la confrontation entre enfance et ultra violence, ce qui j'en suis sûr, ne manquera pas de provoquer un certain émoi (oserai-je dire "malaise" ?) auprès d'une certaine catégorie de public.
Le titre regorge de grottes et de lieux sombres à visiter.

Si ce virage rend l'épisode forcément plus émouvant que les précédents, j'ai quand même le sentiment que ce reboot a perdu une partie de l'ADN de la série : le feeling beat'em all de l'antiquité teinté de violence gratuite et légère se retrouve altéré par la bienveillance d'un Kratos qui éprouve le besoin de protéger son enfant. Comme je suis un chic type, je vous donne un exemple : une des missions du jeu consiste à aller chercher des fleurs pour essayer de sauver un sanglier sauvage blessé par une flèche 😘. Trop meugnon, mais pas très Kratos ...

A Thor et à travers



Kratos a beau être rongé par son passé et attendri par sa progéniture : le gars reste quand même plus badass que n'importe quel pilier de salle de muscu. D'une part sa barbe est toujours aussi impressionnante (utilise-t-il un huile spéciale ? Ou se rend-il régulièrement chez le barbier ? Le mystère reste entier...) mais surtout, il est prêt à en découdre avec des monstres faisant trois fois, dix fois, ou cent fois sa taille.
J'ai appris grâce à God Of War que le duckface puise ses origines dans la mythologie nordique.

Qu'importe si ses brassards à lames sont mis de côté, car la hache de sa décédée femme va faire gicler le sang d'une manière impitoyablement gore ! Les coups de boucliers, les coups de poings en mode colère (activés par la pression conjointe des deux sticks) et les hurlements lors des combats sont le signe que le feu de la colère brûle toujours dans le for intérieur du héros spartiate. La démesure, la nonchalance, et la mise en scène titanesque répondent présent à l'appel, comme pour nous rappeler à nous les joueurs, qui est le big boss parmi les héros de jeu vidéo ! Graphiquement, le jeu est énorme, le rendu est nickel, les temps de chargements sont (quasi) absents, et la caméra procure une immersion surprenante pour jeu à la troisième personne. Même sans PS4 Pro, il y a de quoi mettre une franche claque visuelle, mention spéciale à cette fantastique modélisation de la neige.
Toutes les captures de ce test sont réalisées "à chaud", sans retouche aucune, et sur une PS4 "non pro". Et ça a de la gueule!
La cerise sur le gâteau revient peut être à la théâtralisation du scénario : on y rencontre des PNJ à la fois angoissant et attachants, ayant chacun leur propre démarche ainsi qu'un doublage FR pas loin d'être parfait, et chaque séquence narrative s'intercale au milieu de l'action d'une manière naturelle. La magie est là, et j'ai pu constater après quelques nuits blanches qu'il est difficile de poser la manette au cours de la vingtaine d'heures offerte par l'aventure...

En quelques mots



Kratos revient en force sur PS4 et PS4 Pro. La violence et la démesure sont toujours la marque de fabrique de la série, mais le guerrier enragé à cédé la place à un protecteur viril : le fils du bonhomme a besoin d'être épaulé pour vaincre et survivre à toutes les horreurs de la mythologie nordique qui peuplent la montagne de Midgard. Cette facette du héros que l'on ne soupçonnait pas s'accompagne d'un scénario plus riche en émotions que ce à quoi on était habitué, ainsi que d'une narration fort différente des anciens épisodes, mais toute aussi soignée.
Le zeste de RPG permet d'équiper Kratos, de forger des objets, et de booster les caractéristiques des protagonistes.
Le gameplay a évolué lui aussi en passant en mode "semi-ouvert" et avec la possibilité de booster Kratos comme dans un RPG. La qualité de la réalisation de cette exclu PS4 est hors du commun : le jeu est d'ores et déjà un des titres emblématique de cette génération de consoles. Au final : God Of War cuvée 2018 signe donc un nouveau départ audacieux, véritable tour de main de la part du studio Santa Monica !

God Of War 2018 c'est :

- une claque visuelle
- des doublages FR excellents
- un renouveau pour la licence

mais aussi :

- un choix assumé de dénaturer la série
- déconseillé si vous avez des enfants dans la pièce

Score final :

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