samedi 29 décembre 2018

[Test] V-Rally 4


Disparu depuis quasiment quinze ans, la licence française V-Rally a refait son apparition en septembre dernier sur nos PS4 avec un reboot presque inattendu. Le nom évocateur saura raviver un paquet de souvenirs chez les joueurs ayant eu la PlayStation 1, avec un moteur graphique et physique qui était largement en avance sur son temps. Ce reboot de 2018 ne prétend pas forcément se hisser sur le haut du podium des jeux de rallye, mais les différents trailers restaient néanmoins fort alléchants. Avec des promos fréquentes sur le store PSN, les amateurs de sport auto auraient donc tort de ne pas s'intéresser à cet outsider. Ayant eu la chance d'obtenir une version de test grâce de la part des équipes de Kylotonn et Bigben, je vous propose de prendre les clés pour et de partir pour un récit "spécial découverte du jeu".

Des tours de roues edulcorés


Rumble, particules de graviers, flou de vitesse, lens flare : les gars de chez Kylotonn ne sont pas avares en effets spéciaux!
Lors du premier lancement, un tutoriel nous met direct au commande d'un bolide sur une piste reproduisant fidèlement le désert américain du grand canyon. C'est beau, le moteur hurle, l'habillage est dynamique (ça tremble dans tous les sens et les effets graphiques sautent aux yeux), et la fluidité exemplaire. Par ailleurs on comprend rapidement que le titre est très, très arcade, en particulier si on est équipé d'un volant... J'ai en effet été très déçu des sensations sur le Fanatec CSL Elite pour PS4, et j'ai préféré continuer à jouer avec la manette tant le véhicule m'a semblé incontrolable malgré plusieurs réglages essayés sur la rolls des volants PS4. Un peu dommage, mais après tout tant pis, on peut certainement s'amuser, il suffit d'accepter le fait que les réactions des voitures ne sont pas réalistes. Le moteur physique se rapproche beaucoup plus d'un Gravel que d'un Dirt, avec un feeling très "caisse à savon", des tonneaux qui permettent de retomber sur ses quatre roues, et des arbres qui tantôt aident à rebondir sur la piste, tantôt immobilisent net le véhicule. Les effets graphiques sont carrément cools (pluie, neige, boue, tout y passe), les textures sont fines, et les modélisations dans la moyenne haute de ce qui se fait aujourd'hui.

Une carrière pas très digeste


Certes le menu est visuellement agréable, mais on n'y gagne pas vraiment en lisibilité
Une fois ce tuto validé, place au menu. Souvenez vous : V-Rally 3 venait avec un mode carrière qui était des plus intéressant : des débuts dans les véhicules les plus modestes, des contrats à décrocher, et des objectifs qui poussent le joueur a se dépasser pour atteindre les sommets. Celui de V-Rally 4 reprend les codes du genre, et place le joueur devant une carte du monde qui affiche les pays ou se déroulent les prochains évènements. Il faut alors cliquer sur l'un des deux ou trois drapeaux qui clignotent, mais il faut encore avoir la voiture requise pour participer. C'est au final laborieux comme tout, sans que cela apporte une quelconque gratification aux pilotes virtuels que nous sommes. En appuyant sur L2 / R2 on bascule dans un ensemble de sous-menus qui permettent de gérer des mécaniciens et autres managers, à qui il faudra verser un salaire ainsi que des augmentations pour booster leur carrière. Peu entrainante, j'ai trouvé cette phase aussi rébarbative que de remplir des papiers administratifs IRL. Une fois que l'on a tout réglé comme il faut, on a enfin le droit de rouler. Enfin, à condition de patienter pendant des temps de chargement pas franchement véloces...

Une légende de retour ?


Le parcours en buggy sur les pistes de poudreuses est un pur régal.
Aves 6 environnements visuels différents et 5 modes de jeux (Rallye, Cross, Buggy, course de côte et gymkhana) le contenu général est généreux, sans être pléthorique non plus. Les différents modes apportent de la variété, et la liste de voitures arrivera à faire plaisir aux amateurs avec une sélection qui n'oublie ni les grand classiques de la discipline (Lancia Stratos, Audi quattro, Mistubishi Lancer, etc) ni les petites perles un peu moins prisées comme l'Alpine A110 Gordini, ou l'incroyable petite Honda CR-Z. Le seul souci, c'est que ces épreuves s'enchainent pêle-mêle sans véritable motif, et ne suscitant aucune envie de progression. Couplé avec une difficulté en dent de scie, et une IA aussi sévères que prompte aux collisions (heureusement moins que dans Gravel), l'impression globale est assez mitigée. Quant à la partie multi, en dehors de son split screen, elle est tout à fait banale, avec un lobby bien peu rempli... et surtout des collisions désactivées.

Conclusion


La vue intérieure, bien que peu jouable, présente un rendu plutôt soigné.

Au final, cette version resuscitée de V-Rally n'est pas sans atout, mais est tachée par une expérience de jeu un peu moyenne. On louera le moteur de Kylotonn pour la qualité visuelle et l'impression de vitesse fort agréable qu'il fournit. V-Rally 4 s'en tire un peu mieux que Gravel mais la série n'est pas encore prête à forger sa place entre Dirt et les WRC récents (du même studio). Bref, on attend encore le Gran Turismo des jeux de rallye...

On aime bien :

- son impression de vitesse, très réussie
- les modèles 3D et les textures, au dessus de la moyenne
- la sélection de bagnoles, originale et fournie
- les effets visuels, arcade à souhait

On regrette :

- que son mode carrière soit aussi décousu
- qu'il soit injouable avec un volant
- les modes multi, vides, et sans collision
- les menus un poil brouillons 


Note finale :


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